Dossier de la rédaction de H2o   |
|||
September 2011 | |||
SITE PILOTE DE BELLECOMBE-SIPIBEL
|
Une démarche de qualité environnementale et sanitaire en adéquation avec les missions de l'hôpital public
L'inscription du projet dans une démarche dans une démarche de Qualité Environnementale et Sanitaire – La construction du nouvel hôpital d’Annemasse-Bonneville et l’aménagement de la station d’épuration du syndicat de Bellecombe conçue avec séparation des filières de traitements des effluents urbains et hospitaliers, représentent une opportunité certaine pour l’étude SIPIBEL. L’engagement volontaire du CHAL dans ce projet correspond aux valeurs de Qualité Environnementale et Sanitaire que l’établissement entendait promouvoir lors de la construction du nouvel hôpital et qui rentre dans un programme plus large de qualité globale et de certification (la recherche de solutions alternatives aux produits d’entretien chimiques, la collecte sélective ou le traitement des effluents spécifiques avant rejet, la préservation des ressources en eau, la maîtrise des consommations énergétiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le plan de gestion différenciée des espaces verts, etc.).
Enfin, cette étude marque également une volonté de coopération forte et transparente avec le syndicat de Bellecombe à travers une convention spéciale de déversement et un suivi strict de la qualité des rejets.
Le centre hospitalier Alpes Léman, une réponse adaptée aux missions de l’hôpital public – D’une capacité à terme de 445 lits, le CHAL ouvrira ses portes en février 2012 à Contamine sur Arve (Findrol). Environ 1 300 professionnels y travailleront. Outre sa démarche environnementale volontaire, ce nouvel outil présente d’autres caractéristiques : une offre de soins complète pour tous les âges de la population du secteur géographique Haute-Savoie Nord ; des domaines de compétence spécialisés (médecine nucléaire, aide médicale à la procréation, etc.) et innovants (irathérapie, urodynamique, etc.) ; des services de grande technicité, uniques sur le bassin genevois : réanimation, unité de soins intensifs de cardiologie, hémodialyse. Aux valeurs de l’hôpital public – l’accessibilité aux soins pour tous avec des tarifs de prestations maîtrisés et une facturation transparente et simplifiée La continuité des soins 24h/24 avec une permanence médicale dans les spécialités à risque – s’ajoutent des conditions d’accueil améliorées : 82 % de chambres individuelles, des circuits simplifiés, de nombreux espaces de services et de convivialité, un cadre agréable, une crèche et une résidence hospitalière pour le personnel. Pour le ministère de la Santé, SIPIBEL s’inscrit pleinement dans le Plan national sur les résidus de médicaments – PNRM. Le futur PNRM va s’articuler autour de deux axes majeurs qui visent à :
- évaluer les risques environnementaux et sanitaires par l’acquisition des connaissances scientifiques et techniques relatives à la présence, au devenir et aux effets de ces médicaments sur l’environnement et la santé humaine ;
- mettre en place des mesures de gestion des risques environnementaux et sanitaires par des actions de contrôle et de réduction des émissions de médicaments dans l’environnement.
Ces objectifs correspondent donc parfaitement à ceux recherchés par le projet SIPIBEL. C’est aussi une occasion unique de pouvoir caractériser assez finement les effluents d’un hôpital de taille moyenne en milieu rural et d’acquérir des jeux de données, largement valorisables dans un futur proche via la mise en place d’actions similaires sur le territoire.
Un site expérimental pluridisciplinaire parfaitement adapté pour un programme scientifique et technologique
Le site de SIPIBEL, étant donné les infrastructures qu’il propose (nouvel hôpital, station d’épuration) est un lieu unique afin d’y mener des recherches multithématiques et transversales sur les relations entre les rejets d’une structure de soins, la qualité de l’environnement et l’évaluation des risques sanitaires. A partir de la définition d’un état initial, il est maintenant possible d’établir sur le site différents scénarios afin de maintenir le bon état écologique des eaux et de l’extrapoler aux établissements de même conformation.
La construction d’un consortium scientifique permet de fédérer des compétences nationales autour des différents aspects inhérents à cette problématique : caractérisation des rejets, définition d’indicateurs, dissémination de l’antibiorésistance et des micropollutions, écotoxicologie, modélisation. Le programme réunit les universités de Limoges (traitement des eaux usées et microbiologie), Paris Sud 11 (pharmacie), l’INSA de lyon (modélisation et métrologie), l’ENTPE (impacts toxicologiques) et le CNRS (analyses).
Le programme de travail défini associant des approches analytiques, technologiques, et d’impacts environnementaux et sanitaires doit permettre de proposer des solutions de gestion et de traitements des effluents d’activités de soin économiquement raisonnables et "environnementalement" durable.
Articuler recherche et performances épuratoires : l’Agence de l’eau, partenaire du projet SIPIBEL
L’action de l’Agence de l’eau s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la surveillance des micropolluants et des substances dangereuses au niveau des stations d’épurations urbaines mais également dans le plan national sur les résidus médicamenteux.
La configuration particulière de la station d’épuration du syndicat de Bellecombe (trois filières d’épuration possibles) et la construction d’un nouvel hôpital font de ce site une zone atelier idéale pour mieux comprendre et appréhender la question de l’impact éventuel des rejets hospitaliers.
Faut-il traiter les résidus médicamenteux avant l’entrée en station d’épuration, au niveau de la station ou bien ne pas les traiter si le risque de pollution s’avère très faible ? Le projet SIPIBEL permettra de répondre à de multiples interrogations. Porté par le syndicat de Bellecombe dans un contexte dynamique où gestionnaires et scientifiques sont fortement impliqués, ce projet peut permettre d’apporter un éclairage à deux niveaux :
préciser si les rejets hospitaliers présentent un risque en termes de résidus en les mettant en comparaison avec les apports domestiques ;
asseoir des éléments de discours et des consignes de gestion sur cette question émergente.
Ainsi, les résultats des analyses menées sur la station d’épuration et sur le milieu récepteur pourraient bénéficier aux acteurs du bassin par retour d’expérience et nourrir les réflexions de l’Agence de l’eau sur l’enjeu relatif des effluents hospitaliers vis-à-vis des rejets médicamenteux urbains.
Dans le cadre de ce projet, l’Agence de l’eau finance la réalisation de l’état de référence ainsi que la coordination, le suivi des campagnes de mesures et la synthèse des résultats. Elle aide également les aménagements réalisés pour le raccordement des effluents hospitaliers sur la station d’épuration, ainsi que les équipements d’autosurveillance. .