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Dessin de tracé de fleuve

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Sénégal
Les eaux usées recyclées, le bon filon des maraîchers de Thiès

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Dossier de
la rédaction de H2o
  
06/03/2025

Les eaux usées révèlent leur grand potentiel dédié à la valorisation de l'horticulture dans les faubourgs de la commune de Thiès (ouest du pays), plombé par le déficit pluviométrique lié au changement climatique. Les pouvoirs publics ont installé plusieurs stations de traitement dans la région, dont une à Keur Saïb Ndoye, dans les faubourgs de la cité du rail. Non loin de cette station, plus d'une centaine de maraîchers ont décidé de transformer en opportunité les problèmes d'assainissement courants des villes. Ils utilisent les eaux usées recyclées par cette station pour développer une agriculture sans engrais chimiques.

Mouhamadou Guèye, conseiller technique du directeur général de l'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS), rappelle à la population que les eaux usées traitées et les produits dérivés comme les boues ont un pouvoir fertilisant, avec un avantage supplémentaire : leur utilisation ne pollue pas les terres et les nappes phréatiques, a contrario des engrais minéraux qui contribuent au lessivage des terres et à la baisse des rendements agricoles. Selon lui, plus d'une quinzaine de stations de traitement de boue de vidange existent au Sénégal, dans lesquelles les eaux issues des fosses septiques sont collectées, traitées et valorisées en boue séchée pour l'agriculture, avec l'utilisation d'omni-processeurs permettant de transformer les boues de vidange en eau distillée et en cendres pour formuler de l'engrais organo-minéral destiné à l'agriculture. Des tests réalisés par des laboratoires de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont montré que ces boues peuvent être utilisées directement, sur les terres et sur les cultures, avec un pouvoir fertilisant aussi bon que celui des engrais minéraux et sans effet néfaste sur l'environnement. Par ailleurs, une étude de l'USAID a montré le potentiel de traitement des boues de vidange au Sénégal pourrait être multiplié par 32.

Les maraîchers ont remarqué un autre avantage : les productions obtenues à partir de l'eau et des produits dérivés du traitement des boues de vidange se conservent plus longtemps.

Baboucar Thiam, Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) – AllAfrica