Seine Morée, coupe

 

 

Le traitement de l'eau
Performances attendues : élimination de 99 % des matières en suspension, 95 % des pollutions carbonées, 97 % des pollutions phosphorées et 70 % des pollutions azotées

Acheminées par de nouveaux collecteurs, les eaux polluées sont débarrassées successivement des plus gros déchets et polluants, d’abord par dégrillage, puis dessablage, dégraissage et une première décantation physico-chimique. Ces opérations se font dans un seul bassin, aucun réactif n’est utilisé. L’eau ainsi décantée séjourne ensuite dans un second bassin tampon de 6 000 m3 avant de subir une opération de tamisage. Elle est alors dirigée vers un bassin d’aération d’une capacité de 39 500 m3 dans lequel trois zones permettent de traiter le carbone, l’azote et le phosphore. Un dernier traitement membranaire permet d’éliminer les éléments dissous. Au final, l’eau ainsi traitée est de haute qualité, utilisable pour l’arrosage et les usages industriels. Une partie est prélevée pour les besoins de l’usine et des collectivités avoisinantes, tandis que le flot le plus important est reversé dans la Morée ainsi régénérée.

La succession des trois bassins de traitement biologique permet de ne pas consommer de méthanol pour éliminer les pollutions azotées et réduit considérablement la consommation de chlorure ferrique par le traitement du phosphore. En outre, le biogaz produit lors de la décantation primaire (première étape du traitement) sans réactif est valorisable par cogénération. Cette technique consiste à produire en même temps et dans la même installation de l’énergie thermique (chaleur) et de l’énergie mécanique. L’énergie thermique est ensuite utilisée pour le chauffage et la production d’eau chaude à l’aide d’un échangeur. L’énergie mécanique est transformée en énergie électrique grâce à un alternateur puis consommée par l’installation. La cogénération se caractérise par un excellent rendement énergétique.

 

Seine Morée, traitement des eauxSeine Morée, traitement des boues
À gauche le traitement des eaux, à droite le traitement des boues.

 
Le traitement de l’air

Pour parvenir à la réduction des nuisances olfactives, les odeurs sont captées à la source. Tous les équipements qui risquent de produire des mauvaises odeurs sont confinés. Pour assurer la sécurité des agents chargés de l’exploitation, tous les locaux sont ventilés et l’air rejeté dans l’atmosphère est préalablement traité sur trois lignes de quatre tours de désodorisation. "Après traitement dans les quatre tours de désodorisation, l’air rejeté équivaudra à 6 unités d’odeur. Ce n’est rien quand on sait que le gazon coupé représente 200 unités" explique Frédéric Darsaut, conducteur d'opération pour le SIAAP.

 

Seine Morée, traitement de l'air
Le traitement de l'air.

 


Le traitement des boues

 

Les boues issues du traitement des eaux sont stockées puis épaissies, par sédimentation ou par centrifugation selon leur nature. On obtient ainsi des boues liquides à 70 grammes de matière sèche par litre. Elles seront acheminées vers un centre de méthanisation commun au SIAAP et au SYCTOM (Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères) qui va être construit à moins de 500 mètres du site. Ces boues seront utilisées en partie pour produire du biogaz utilisé pour le chauffage, en partie pour être transformées en compost.

Seine Morée marque ainsi un partenariat inédit entre le SIAAP et le SYCTOM. L'usine de traitement des déchets permettra de traiter simultanément  les 10 000 tonnes de boues produites par le SIAAP et les 15 000 tonnes de biodéchets obtenus à partir des collectes sélectives. Pour permettre une homogénéisation optimale du mélange, le procédé de traitement retenu est celui d’une digestion biologique. Le digestat obtenu deviendra un compost normé. Les études préalables, déjà réalisées, ont montré l’intérêt agronomique du produit final qui sera certifié.  .

 

Seine Morée, traitement des eaux Seine Morée, Frédéric Darsaut
 Frédéric Darsaut, conducteur d'opération pour le SIAAP.

 

 

 

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ResSources
L’usine Seine Morée a représenté un coût de 122 millions d’euros, financés par l’Agence de l’eau Seine-Normandie (45 %), le SIAAP (35 %) et la Région Île-de-France (20 %).

Partenaires industriels
Vinci Construction Grands Projets
Degrémont, filiale de Suez Environnement
AIA Associés

Maître d'ouvrage
Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne
Créé en 1970, le SIAAP regroupe les départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de Paris ainsi que 180 communes des autres départements d'Île-de-France. Sa mission est de transporter et dépolluer les eaux domestiques, pluviales et industrielles de ce territoire qui englobe 9 millions d'habitants. Cela représente 2,5 millions d'eaux usées par jour.
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