01/13/2019

Une crise mondiale de l'assainissement qui persiste


Le monde est encore loin d’atteindre l'objectif de développement durable n° 6 (ODD-6), c’est-à-dire garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau. Aujourd'hui, 4,5 milliards de personnes vivent en effet sans toilettes et 892 millions de personnes pratiquent toujours la défécation à l'air libre. L’impact d’une telle exposition aux matières fécales humaines a des effets dévastateurs sur la santé publique, les conditions de vie et de travail, la nutrition, l’éducation et la productivité économique dans le monde.

L'ODD-6 vise à garantir que tous disposent de toilettes et d’un bon assainissement et que personne ne pratique la défécation en plein air d'ici 2030. Si cet objectif n'est pas atteint, l'ensemble du Programme de développement durable à l'horizon 2030 est compromis. Cette année, la campagne pour la Journée mondiale des toilettes portait sur la nature, et sur la nécessité de construire des toilettes et des systèmes d’assainissement qui fonctionnent en harmonie avec les écosystèmes. Le thème, "Quand la nature nous appelle", s’inscrit dans l’idée que "nous sommes en train de transformer notre environnement en un égout à ciel ouvert. Nous avons besoin de davantage de solutions fondées sur la nature pour régler la crise mondiale de l’assainissement." Par exemple des latrines à compost qui capturent et traitent les déchets humains sur le site, produisant gratuitement des engrais utiles à la culture, ou encore des zones humides et des roselières artificielles qui filtrent les eaux usées avant leur rejet dans les cours d'eau. Les données qui suivent, publiées dans le rapport du Programme commun OMS-UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement intitulé "Progrès en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène : mise à jour 2017 et évaluation des ODD" donnent une idée de l'étendue de la crise mondiale de l'assainissement : environ 60 % de la population mondiale – soit 4,5 milliards de personnes – n’ont pas de toilettes à la maison ou disposent de toilettes qui ne permettent pas une gestion hygiénique des excréments ; 892 millions de personnes dans le monde pratiquent la défécation en plein air et sont privées de sanitaires (es matières fécales ne sont donc ni recueillies ni traitées) ; 1,8 milliard de personnes boivent de l’eau potable non améliorée sans protection contre la contamination par des matières fécales ; 80 % des eaux usées résultant des activités humaines retournent dans l’écosystème sans avoir été traitées ou réutilisées ; 1/3 des écoles dans le monde ne disposent pas de toilettes (un problème qui s'aggrave pour les filles pendant la période de menstruation) ; 900 millions d'écoliers dans le monde ne disposent pas d'installations pour le lavage des mains ce qui favorise la propagation de maladies mortelles.

United Nations (New York) – AllAfrica