05/02/2019

Les forêts tropicales continuent à disparaître à grands pas


La destruction de forêts tropicales s'est poursuivie à un rythme soutenu en 2018 et le monde a perdu une superficie équivalente à celle du Nicaragua, révèle une étude qui s'inquiète en particulier de la disparition des forêts tropicales primaires essentielles pour le climat et la biodiversité.

Selon les données compilées par Global Forest Watch (GFW), un projet soutenu par le World Resources Institute (WRI) et qui se base notamment sur des données satellitaires, les régions tropicales ont perdu 12 millions d'hectares de couverture arborée en 2018 ; et il s'agit là de la quatrième année la plus mauvaise (après 2016, 2017 et 2014) depuis que GFW a commencé à cartographier le recul de ces forêts en 2001. "Il est tentant de saluer une deuxième année de baisse après le pic de 2016", commente Frances Seymour de WRI. "Mais si on regarde sur les 18 dernières années, il est clair que la tendance globale est toujours à la hausse." La disparition de 3,6 millions d'hectares de forêt tropicale primaire, une superficie de la taille de la Belgique, est particulièrement préoccupante, souligne GFW dans son rapport qui précise que ces forêts, qui constituent un écosystème forestier extrêmement important, contenant des arbres pouvant atteindre des centaines voire des milliers d'années, stockent plus de carbone que les autres forêts et sont irremplaçables pour préserver la biodiversité.

La destruction de forêt tropicale primaire se concentre dans cinq pays, par ordre décroissant : le Brésil, avec la forêt amazonienne, la République démocratique du Congo, l'Indonésie où la forêt tropicale primaire laisse la place à des cultures d'huile de palme ou de bois, enfin la Colombie et la Bolivie qui, à l'instar du Brésil exploitent massivement la forêt amazonienne, souvent présentée comme le "poumon de la planète". En Afrique, le rapport s'alarme de la situation à Madagascar, un des pays les plus pauvres au monde. Le pays a perdu 2 % de sa forêt tropicale primaire en 2018, une proportion supérieure à celle de tout autre pays tropical. Les auteurs pointent aussi du doigt l'accélération de la destruction de forêt tropicale primaire au Ghana et en Côte d'Ivoire entre 2017 et 2018.

La Presse (Canada)